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Introduction par Katie SullivanModifier

Ce texte est mon humble tentative pour lier ensemble la majorité des morceaux de cette histoire d'amour poignante. Dans les bandes dessinées, l'histoire semble divisé en plusieurs parties, n'a jamais été publié en ordre chronologique et contient de nombreux flashbacks qui rendraient de toute façon cette tentative ardue. Bien que la lecture de ma prose ne peut jamais se rapprocher de l'expérience de la lecture des bandes dessinées réelles, j'espère avoir l'histoire afin que cela vous apporte une nouvelle appréciation de l'histoire telle que dessinée par Carl Barks et Don Rosa. En chemin, vous rencontrerez également de nouvelles scènes que je ai écrites moi-même pour ajouter mes propres pensées et idées à l'histoire et aussi pour aider les parties des bandes dessinées à se rassembler. Je reconnais que certaines de ces pièces seront peut être (et même probablement) rendues obsolètes ou contradictoires par de futures histoires, qu'elles soient de Don Rosa ou d'autres artistes.

Partie IModifier

Picsou n'avait jamais monté un élan auparavant, mais ce n'était pas significativement différent d'un buffle, d'une "longue-corne", d'un émeu, d'un chameau, ou d'une autre des créatures étranges qu'il avait montés ces dernières années. Il y avait de nombreux cahots, mais c'était toujours mieux que d'affronter soi-même les turbulences de l'impitoyable fleuve Yukon, et le porte-bagage constitué par les bois était un petit plus. C'était bon d'être de retour en Amérique. Mis à part l'Ecosse, pays de son enfance, il y avait passé la plus grande partie de sa vie. Le Mississippi, les hautes plaines ... C'était un continent fascinant, et il n'en avait encore vu qu'une fraction.

Quelque chose l'appelait ici. L'idée avait pris racine dans son inconscient il y a quelque temps déjà, mais il avait fallu les étranges Grottes du Rêve des aborigènes d'Australie pour la faire éclaterau grand jour.  Après toutes ces années de lutte à travers le monde, il n'était pas vraiment plus riche que quand il avait quitté l'Écosse. Plus riche d'expérience, peut-être, mais l'expérience ne paie pas les taxes sur le Château McPicsou. L'expérience ne lui remplissait pas l'estomac, pas plus qu'elle ne lui mettait des vêtements sur le dos. Maintenant, au moins, il semblait être au bon endroit au bon moment, et le parfum de l'or était dans l'air.

Un certain nombre d'autres chercheurs d'or lui avaient lancé des regards curieux tandis qu'il trottait dans Dawson sur le dos d'un élan, et plusieurs l'avaient prit pour un ivrogne. Après avoir démélé ses bagages des bois de l'élan, il inspecta rapidement la ville du regard. Dawson était un peu plus d'un relais, pas vraiment une ville. Un camp de bûcherons était installé le long de la rivière à côté d'un bâtiment un peu rustique, le Blackjack Saloon. Il n'y avait pas de temps à perdre. Il était mieux sur les champs aurifères d'obtenir une concessions pendant qu'il y en avait encore de gratuites. Vérifiant sa direction grâce au soleil, il s'engagea sur la piste.

Une voix féminine claire et confiante retentit derrière lui, depuis le porche du bar: 

« Faites une pause, l'argonaute ! Venez manger quelquechose ! »

Il se retourna et vit une cane blonde du même âge que lui qui l'invitait. Elle portait une jupe gris clair et une chemise de flanelle rouge, mais une beauté innée était mise en valeur par cette simple tenue. Bah, il n'avait pas non plus de temps à perdre:

« Bah ! J'ai mangé la semaine dernière! Les repas trop fréquents rendent mous ! » rugit-il, en s'arrêtant brièvement avant de reprendre son chemin. Il avait une concession à trouver. L'or l'appelait, et son cri était assez fort pour couvrir tout le reste.

Goldie O'Gilt nageait dans grande une bonne humeur. Elle ne savait pas pourquoi. C'était probablement toute cette excitation. Dawson était normalement l'endroit le plus fade et ennuyeux des bois du nord, mais maintenant que de l'or avait été trouvé sur le ruisseau Correction-de-lapin, à la crique de Bonanza, les choses étaient différentes. Elle ne avait pas vu autant de gens depuis des années ! Goldie est était née cadette d'une fraterie de deux filles à Vancouver, en Colombie-Britannique. Après que sa mère soit morte d'une fièvre, elles avaient déménagé vers le Nord, dans le no-man 's land, le territoire du Yukon, où son père travaillait à la scierie de Dawson. Sa soeur, Sylvia O'Gilt, s'était mariée et avait déménagé à Nome quand elle avait dix-neuf ans tandis que Goldie en avait 16. L'année suivante, leur père avait été tué dans un accident de l'exploitation forestière sur la rivière. Elle était donc là, seule au milieu de nulle-part. Un camp de bûcherons n'était pas l'endroit pour une innocente jeune fille de dix-sept ans. Donc Goldie avait cessé d'être innocente.

Le Blackjack Saloon avait été ouvert depuis un peu plus d'un an maintenant. Elle avait construit l'ensemble des chose elle-même, et en était à juste titre fière. À l'époque, elle n'avait aucune idée que Dawson allait bientôt devenir la ville la plus dynamique du Canada. Les bûcherons assoiffés étaient les seuls clients de l'établissement.

Même maintenant, elle n'avait qu'une petite idée de cette grandeur future. Juste quelque chose qui flottait dans l'air...

Goldie fredonnait doucement pour elle-même tandis qu'elle réarrangeait les bouteilles sur les étagères derrière le bar. L'offre et la demande… Les bases de l'économie. Elle possédait le seul saloon alentour, et elle n'avait donc qu'à attendre que surgisse un autre bûcheron ivrogne quand elle avait besoin d'argent.  Soudain, les portes s'ouvrirent, et elle se retourna avec son sourire le plus séduisant, pour découvrir qu'elle avait gaspillé ses charmes pour un porc en surpoids portant une courte barbe sur son double menton. Bon, au moins, il avait de l'argent...

« Bienvenue au Blackjack. Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ? 

— Une bonne affaire, déclara le nouveau venu porcin. Je me nomme Soapy Slick, Mlle… Mlle…

— Goldie O'Gilt. » Elle secoua rapidement sa main moite. «  Quel genre d'affaire ?» demanda-t-elle avec méfiance. Elle avait entendu beaucoup d'offres par le passé, et la plupart avaient été dans un genre qu'elle avait dû refuser. — Je possède une société de prêts à Skagway. Avec la ruée vers l'or, je tiens à ouvrir une succursale ici. Le problème est qu'il me faudra du temps pour obtenir mon propre bureau. » Elle le dévisageaut, de son double-menton à ses yeux malhonnêtes qui avaient l'air d'yeux de fouine. Elle avait déjà vu ce genre d'individu. 

« Donc, vous voulez louer un coin de table pour mettre en place une affaire d'usurier, hein ? »

Voyant qu'il n'y avait nul besoin de dissimuler la vérité, il se détendit et s'appuya contre le bar.

« C'est cela, Mlle O'Gilt. Il y aura bientôt beaucoup de richesse à Dawson… »

Elle sourit malicieusement. «  C'est la vérité, mon gros ! Avec tous ces gogos et leur poussière d'or, j'espère être devenue Golide-la-Scintillante au printemps ! »

La porte s'ouvrit de nouveau, et elle se prépare à séduire un autre client. Au lieu de cela elle vit un élan épuisé chancellant à l'interieur et qui s'éffondra à une table.

« Hé ! La maison de sert pas les élans ! Ouste ! » cria-t-elle en désignant la porte à l'animal. Clem, l'un des hommes du camp de bûcherons, passa la tête par la fenêtre.

« Ce type vient de le lâcher à l'entrée de la piste des champs aurifères ! » expliqua vivement Clem, désignant d'une main l'élan, et de l'autre une silhouette dans la rue.

Ne jamais laisser passer un client, se dit Goldie qui se précipita dehors. Un robuste canard prospecteur d'environ son âge était tombé dans une mare de boue, visiblement sans intention marquée de faire un détour par le saloon. Il supportait un lourd sac de fournitures et semblait avoir soif. Le client parfait.

« Faites une pause, l'argonaute ! Venez manger quelquechose ! » appela-t-elle, faisant signe à l'étranger d'entrer. À sa grande surprise, le canard se retourna à peine, sans même s'arrêter. « Bah ! J'ai mangé la semaine dernière! Les repas trop fréquents rendent mous ! »

Sans répondre, elle le regarda s'éloigner sur le sentier, sans même un regard en arrière.

« Bigre, bigre, bigre... » murmura-t-elle en souriant malgré elle. Son slogan de vente était rarement refusé si crûment, surtout quand les clients potentiels l'avaient vue. Elle était naturellement belle, et elle le savait. Mais même quand la nourriture et la boisson était tout ce qu'elle leur vendait, elle avait déjà fait un joli profit.

Elle regarda jusqu'à ce que le non-client désagréable mais étrangement attirant ait disparu au milieu des pins, puis se glissa à l'intérieur pour négocier le loyer de son coin de table.

À l'arrivée des grandes neiges, Dawson avait explosé en une ville sauvage peuplée d'ivrognes, de voleurs, de rêveurs, de parias, de mauvais payeurs, d'entrepreneurs, de mineurs et de commerçants. Goldie O'Gilt ne s'était jamais sentie plus vivante. Son petit saloon s'était avéré beaucoup trop petit pour l'afflux massif de clients, et même si cela lui avait brisé le cœur de démolir le bâtiment qu'elle avait construit de ses propres mains, elle avait maintenant un revenu suffisant pour construire une salle de bal. Cette fois, elle laissa des ouvriers faire le travail manuel, mais supervisa les travaux de trés près.

À la même époque, elle se fit un peu de publicité, se promenant la tête haute dans les rues de Dawson, vêtue de sa nouvelle robe. Et quelle robe! Elle l'avait spécialement commandée de Skagway. Elle avait été garnie de plumes d'autruche, le corsage brillait grâce à des paillettes d'or, les manches étaient délicatement bouffantes  et la jupe plissée était un dégradé de rouge et d'or. Elle la faisait se sentir séduisante, magnifique, lui donnait le vertige, et elle ne voulut jamais l'enlever.

Un flot continu de personnes passait sa porte, et tous ces regards concupiscents ou grimaçants étaient dardées sur elle. Son regard tomba sur le nouveau casino-bureau de prêt de Soapy Slick, et elle aperçut à nouveau ce canard grincheux, celui avec des favoris, qui avait refusé de fréquenter son salon. Toujours aussi beau, et toujours renfrogné. Le canard avait, de toute évidence, besoin d'avoir un peu de plaisir de temps en temps.

Elle cambra ses hanches et lui offrit son plus beau sourire. « Hé, mon joli ! dit-elle, prononçant ce compliment avec plus de sincérité que d'habitude. Viendrez-vous dans quelques semaines pour la grande ouverture de la nouvelle salle de bal du Blackjack ? » Il se raidit indignation et continua sa marche. « Peu probable ! ». Quel soufflet ! Elle sourit. Il était étonnamment agréable de ne pas être adulée, pour une fois.

Soapy Slick s'était enrichi en suivant son but. 

« Ne perdez pas votre temps avec cet oiseau-là ! grommela-t-il. Il n'est pas du même bois que les autres gogos ! »

Ce n'est pas un argument, pensa-t-elle. « Vous avez pensé à demander à vos hommes de le suivre jusqu'à sa mine ? »

« Bien sûr ! répondit Soapy. Mais ce démon a semé tous les escrocs de la ville ! Pourtant, il finira par faire une erreur. Je vais recommencer. »

Goldie n'écoutait que d'une oreille. Ses yeux étaient toujours fixés sur l'écossais, et une expression perplexe plânait sur son visage. Il discutait avec le greffier à la quincaillerie à travers la rue. Elle ne pouvait pas vraiment entendre ce que la question était, mais cela avait quelque chose à voir avec des clous. Elle se tourna vers Soapy. Quel est son nom, d'ailleurs ?


« McPicsou. Balthazar McPicsou. Une espèce de misérable... » Le cochon errait de nouveau dans son propre établissement, marmonnant des choses désobligeantes.

Elle secoua la tête et sourit tandis que Picsou fouilla dans le baril de clous. Que diable faisait-il ? Il semblait inspecter chaque clou de près et ne prendre que certains d'entre eux, selon un critère mystérieux. Enfin, la curiosité fit son œuvre: soulevant ses jupes pour ne pas les tâcher de boue, elle traversa la rue.

« Hé, l'argonaute ! dit-elle, se faufilant jusqu'à lui. Tu as perdu quelque chose là-dedans ? »

Il fronça les sourcils, en partie à elle et en partie à cause du clou tordu qu'il tenait en main. « Non. »

« Alors que fais-tu ?

— Les clous tordus sont à moitié prix. »

Elle essaya alors une autre tactique: elle fit le tour du barril de clou de manière à pouvoir lui sourire de face. 


« Je ne mords pas, tu sais, dit Goldie. »

Picsou la regarda avec surprise. « Je n'ai rien dit à votre sujet !

— Alors pourquoi es-tu si grossier? le taquina-t-elle. 

— Avec tout le respect que je vous dois... À cause de l'esprit de votre propre entreprise, madame. »

Il ramassa une poignée de clous tordus et entra dans le magasin pour payer.

Goldie fronça les sourcils et tapa du pied, plongeant involontairement son talon dans la boue. Quelle exaspérant homme! Elle demeura à l'entrée de la quincaillerie.

Lorsque Picsou en eut fini avec le vendeur, il se trouva face à face avec elle.

« Excusez-moi, madame. » dit-il, levant la main comme pour la pousser hors de son chemin. 

Au lieu de cela, elle se pencha prés de lui et dit doucement:

« Même les grossiers canard sont les bienvenus dans ma salle de bal, s'ils sont aussi beau que vous, l'argonaute. »

Il se arrêta et déglutit, sa position étant bien sûr inconfortable. Goldie remarqua qu'une goutte de sueur perlait sur son front. Il était timide ! Comme c'était mignon… 

« Euh ... merci, euh, pour l'invitation, madame… » balbutia-t-il. Une fois libre, il se précipita dans la rue, manquant de heurter plusieurs personnes  dans sa hâte de sortir.

Goldie se permit un rire bref. Il n'avait manifestement pas l'habitude des romances. Elle trouvait que c'était encore plus amusant que d'être regardée avec envie par tous les passants.

Balthazar McPicsou... Il avait un nom, elle s'en souviendrait.  


Goldie avait presque oublié l'argonaute timide du printemps. Presque, mais pas tout à fait. Elle le reconnut instantanément quand elle le repéra dans la rue devant de sa salle de bal. Il avait désormais une petite réputation, comme le seul homme dans tout le Klondike à n'avoir jamais mis les pieds dans un des nombreux lieux de perdition. Y compris le sien, remarqua-t-elle avec agacement.

Elle jeta un œil sur la fenêtre tandis que Picsou continuait à marcher. Elle pensa à moitié sérieusement à courir après lui de nouveau, juste pour le voir s'énerver, mais Lulu se promenait avec une expression de mépris.

« Quel radin, ce Picsou ! Il ne dépense jamais un centime pour s'amuser.

— Non, dit Goldie, ce n'est pas son genre. » Elle se surprit à l'admirer pour cela, même si cela signifiait un manque à gagner. Des rumeurs avaient circulé sur la qualité de la concession de Picsou, et si cette rumeur était vraie, il pouvait certainement permettre une soirée au Blackjack. Surtout après avoir payé sa dette à cette sangsue de Soapy.

Picsou disparut dans la foule, et elle se dirigé les coulisses  tout en finissant de se coiffer pour la représentation suivante. Il y avait de nombreux clients qui avaient payé et attendaient d'entendre l'Etoile du Nord chanter, et elle ne pouvait les décevoir.

Tandis que lentement le soleil se couchait sur le Yukon, Goldie se tenait derrière le bar, versant des boissons et s'engageant dans un petit flirt récréatif. Soudain, une jeune chienne anthropomorphe passa la tête par-dessus la porte battante et cria:

« Le bateau de Soapy vient d'exploser !… Ou… ou quelque-chose comme ça !

— Ou quelque chose? Que voulez-vous dire, explosé ou quelque chose? Soit il a explosé, soit il n'a pas explosé ! dit-elle en offrant un verre à la jeuen fille pour la calmer.

— Je ne sais pas, mais quelque chose se passe là-bas! J'ai entendu qu'un avare pique-sous était derrière tout ça. Je vais aller regarder ! »  Elles se précipitèrent à la porte, et maintenant que le piano avait cessé, elles pouvaient entendre des cris dans le lointain. Qu'est ce que ...?

Elle posa la cruche, jeta un chiffon à Lulu et rejoignit l'attroupement de curieux du quais.

C'était le chaos. La péniche de Soapy semblait avoir explosé, implosé, puis avoir pris feu. Il était difficile de préciser, mais «quelque chose» s'en effet passé. À moins que ce ne soit "quelqu'un" ...

«C'est Picsou! Il arrive! cria quelqu'un, et il y eut une gigantesque bousculade quand les gens se précipitèrent pour se cacher à l'intérieur des bâtiments.

Oh, voyons, pensait Goldie avec amusement. Ils ne peuvent pas croire qu'un petit canard maladroit aurait causé tout ça…

Mais il était là, n'ayant d'yeux que pour la silhouette glissante et commotionnée de Soapy au milieu de la rue. Le cochon était inconscient, et le canard avait l'aire si énervé que tous se cachèrent par peur. Goldie se glissa derrière le coin d'un bâtiment et regarda avec étonnement que Scrooge traîner Soapy et un petit coffre en bois en haut de la colline vers le bureau de la Police Montée. Bigre ! Elle lui découvrait un tout nouvel aspect. Peut-être qu'il ne était pas si jeune et timide, après tout !

Picsou était un mystère, mais un mystère séduisant. Très intriguant ...

Goldie prit une moue rêveuse. Quel canard ! Tout un défi pour mo ... Un jour prochain... se dit-elle.

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